I O P R E S S E

Le frigo est plein

Making-off #2 Stratégie de développement en VOSTFR

image relative à Making-off #2 Stratégie de développement en VOSTFR
© IOPlume

📌 IOPresse

Il y a quelques mois, IOPlume s’est lancée dans l’aventure de développer un outil digital à destination des acteur.ice.s de la presse francophone. Aujourd’hui, la version bêta d’IOPresse est en ligne.

Cette semaine, c’est moi, Mehdi, qui prends exceptionnellement la plume pour parler développement. Cette étape a évidemment constitué le gros du travail sur IOPresse ces derniers mois, dans la mesure où nous sommes partis de rien.

J’ai proposé l’idée de la plateforme à Tiphaine pour répondre à une situation bien précise, dont je faisais régulièrement le constat : un.e journaliste qui a envie d’écrire sur un sujet par plaisir se heurte très souvent à la crainte de ne pas trouver de débouché pour son article (lire Making-off#1).

Je suis sensible à la question du plaisir au travail. Je suis convaincu que ce combo est possible et même nécessaire. 

Limiter le risque avec un MVP

C’est là que j’ai appelé à la rescousse un ami et collègue ingénieur-informaticien, Mohamed (un grand merci à lui d’ailleurs). 

Il nous avait déjà épaulés pour le site de notre entreprise IOPlume et sur la mise en place de ce blog. J’ai confiance en son jugement et en ses conseils. Avec lui, nous avons réfléchi plus concrètement à la conception d’une plateforme digitale pour les acteur.ice.s de la presse francophone, implémentant des standards qui leur permettent de publier simplement et, à terme, si tout se passe bien, d’inclure un espace pour les lanceur.euse.s d’alerte.

Mais ça, c’est le futur. Dans le moment présent, l’idée était surtout de voir si cela intéresserait les journalistes et les éditeur.ice.s de presse d’avoir un « endroit » spécifique où se rencontrer afin d’échanger leur travail et leurs besoins. Face à cette grande inconnue, l’option du produit minimum viable (MVP dans son acronyme anglais), c’est-à-dire d’une version ne proposant qu’un nombre limité de fonctionnalités de base, s’est imposée.

Un CMS complètement modulable

Côté techno, Mohamed et moi nous sommes tournés vers Sulu, un constructeur de systèmes de gestion de contenu (CMS) Symfony. Nous avons d’abord construit le site internet d’IOPlume et dans la continuité, la plateforme IOPresse

Nous avions plusieurs critères de choix :

  • la flexibilité : ce CMS offre la possibilité de générer des types de contenu complètement modulables (en cela il s’adresse à un public averti),
  • la prise en main : il fallait qu’il s’appuie sur des langages que nous maîtrisions déjà (en l’occurrence Symfony et php) afin d’optimiser la phase de développement,
  • la cohérence : Sulu implémente en effet le standard JCR qui permet, par exemple, de conserver les différentes versions d’un article et d’y accéder, mais aussi de gérer des modifications simultanées par deux personnes sur un même document. La plupart des logiciels utilisés par les journaux ou encore les grands portails web de contenu intègrent ce standard.

Le fait que Sulu soit open-source a également orienté notre décision, qui représentait tout de même un petit challenge personnel : si Mohamed l’avait déjà mis en œuvre, c’était pour moi une première.

En soi, le développement ne s’est pas révélé très compliqué. Pas de prouesses techniques au menu. Mais quelques bugs, oui, en lien avec les mises à jour de cet outil encore récent. Au final, la solution a tout de même largement répondu à nos attentes.

Des données-utilisateurs maxi-protégées

Pour analyser le trafic sur la plateforme, j’ai choisi de tester Matomo. Je souhaitais en effet privilégier une alternative à Google qui respecte davantage la notion de vie privée et les données-utilisateurs. 

Les données récoltées restent anonymes et ne renseignent que sur :

  • la page consultée,
  • le moment où elle l’a été,
  • la langue du navigateur utilisé.

Aucun profil, pas de genre ni d’âge… Les données en notre possession sont celles renseignées lors de l’inscription. 

Pourquoi cet aspect était si important pour moi ? Bah, avant d’être développeur, j’étais avocat. Ça doit jouer... 🙄 

Plus sérieusement, s’il était effectivement nécessaire de se conformer au droit (RGPD), je n’avais pas non plus envie d’avoir à analyser l’utilisation qu’aurait fait Google des données des utilisateur.ice.s d’IOPresse. Données qu’il ne me paraît d’ailleurs pas essentiel de connaître.

Il me semblait en revanche primordial d’établir un lien de confiance avec les membres. Cela commence par ne pas les épier à travers les infos que l’on recueille avec leur consentement ou à leur insu. 

C’est d’autant plus important que nous visons des journalistes. Si la plateforme « prend », elle pourrait devenir « sensible », donc pas d’exposition inutile.

Une histoire de mayonnaise

Forcément, proposer un nouvel outil génère quelque questions : est-ce que le public ciblé va se l’approprier ? Le MVP suffira-t-il à donner le goût d’aller plus loin ? 

Avec cette stratégie, nous avons taillé dans pas mal de fonctionnalités, mais nous ne pouvions pas aller plus loin sans premiers retours. Je m’accommode de cette frustration car je suis dans l’inconnu, sans savoir réellement si la sauce prendra ou non.

Cela dit, le développement d’IOPresse a suscité chez moi de l’enthousiasme, même si maintenant que c’est en ligne et qu’il faut communiquer, je me place un peu en retrait.

Une satisfaction ? Le front-end. Je me suis basé sur des templates mais j’ai tout retravaillé moi-même et je suis plutôt content du résultat.

Publications similaires

Making-off #1 Quand l’idée d’IOPresse a germé…

📌 IOPresseIl y a quelques mois, IOPlume s’est lancée dans l’aventure de développer un outil digital...