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Le frigo est plein

Making-off #3 Communication et marketing : notre retour d'expérience

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© IOPlume
📌 IOPresse
Il y a quelques mois, IOPlume s’est lancée dans l’aventure de développer un outil digital à destination des acteurs de la presse francophone. Aujourd’hui, la version bêta d’IOPresse est en ligne. Après avoir formalisé l’idée de la plateforme IOPresse, puis l’avoir développée, l’étape à ne pas rater était la communication.

Communiquer sur son projet est capital, encore faut-il savoir le faire. Avec la création de la plateforme IOPresse, à destination des journalistes et des éditeur.ice.s de presse, c’est ce que nous expérimentons et apprenons pas à pas, en particulier moi, Tiphaine, qui reprend la plume pour relater notre plongée dans les arcanes du marketing. 

Certains ont fait de cette discipline leur métier, d’autres possèdent quelques qualités innées. Pour le commun des mortels, cela peut ressembler à une longue période d’apnée : « ça va marcher ou pas ? »

Comme le web-marketing est tendance, il existe désormais pléthore de formations, tutoriels, newsletters… pour se mettre dans le bain et en glaner les bases.

Pêle-mêle, voici quelques ressources en lignes qui peuvent être utiles : 

Regarder ce que les autres font – et en la matière les réseaux sociaux représentent une mine inépuisable –, s'en inspirer, voire en prendre le contre-pied afin de trouver son identité propre, est aussi une démarche intéressante.

De ces quelques lectures et observations menées ces derniers mois, nous avons tirés certaines conclusions, que nous partageons ici, dans ce troisième épisode du making-off d'IOPresse.

Observation n°1 : Communiquer, c’est un métier

Nous n’en doutions pas, mais l’expérience menée à travers le lancement de la plateforme le confirme. Certes, l’aisance rédactionnelle acquise en dix ans de journalisme et un esprit créatif aident, mais n’est pas communiquant qui veut.

Nous avons reçu des conseils forts utiles corroborant nos lectures, mais être sans cesse sur la brèche, en situation de promouvoir son produit/projet, créer du contenu en continu…Tout cela demande de l’entraînement, de l’énergie et de la méthode.

Cette phrase que nous répétaient nos professeurs de presse écrite à l’IUT de journalisme n’a jamais fait autant écho qu’en s’engageant dans ce projet : on écrit pour être lu.

Cela implique de rédiger clairement, simplement, de manière accessible. Le faire sur son propre travail n’est pas forcément évident.

L’exemple qui m’a marquée est celui de notre courriel de démarchage. Il a fallu un certain nombre de versions pour trouver le texte qui nous convenait. Comme IOPresse cible deux types de public, les journalistes d’une part et les éditeur.ice.s de presse d’autre part, nous avions besoin, de fait, de deux messages.

Au-delà d’un « tronc commun », que mettre en évidence selon la catégorie de destinataires ? Quelle est la bonne longueur ? Jusqu’à quel niveau de détails sur le projet peut-on s’aventurer pour une prise de contact ? Comment inspirer confiance ?

Nous avons pu trouver une partie des réponses dans l’abondante littérature consacrée au thème, néanmoins, ce n’est qu’en expérimentant que l’on constate si telle ou telle formulation semble mieux fonctionner qu’une autre.

Observation n°2 : L’auto-discipline et la régularité sont primordiales

Cette affirmation non plus, nous ne l’avons pas sortie de notre chapeau. Nous l’avons lue dans à peu près chaque article consulté, dans de très nombreuses newsletters et posts de rédacteurs web/blogueurs/coach en marketing digital et consort.

La discipline et l’assiduité sont deux de mes qualités professionnelles… quand je dois les mettre au service des autres. Eh oui, dans mon cas, c’est là que l’affaire se corse (et je ne pense pas être la seule) : il est plus simple de se négliger soi-même, plus facile de repousser une tâche à plus tard quand il s’agit de son peopre projet. C’est vrai après tout, qui va nous en vouloir ? Qui nous sermonnera ?

Travailler pour soi, c’est donc apprendre à se traiter avec la même considération, la même rigueur qu’un commanditaire extérieur.

J’ai effectivement noté que lorsque j’alimente les pages d’IOPresse sur les réseaux sociaux à une cadence stable, que je travaille ces mêmes pages avec régularité, le nombre de visites augmente. Lorsque je délaisse quelques jours ce travail, les statistiques tombent dans le rouge.

Observation n°3 : Vous avez dit tenace ?

Le troisième larron de la bande se nomme « ténacité ». Il en faut pour se faire connaître et pour faire adopter un nouvel outil, une nouvelle habitude. Combien de plateformes digitales voient le jour ? Combien survivent et sortent de la confidentialité la plus totale ?

Avec la persévérance vient la répétition. Ce mot tient à cœur de beaucoup de personnes qui diffusent leur conseils et astuces sur les différentes plateformes sociales. Le secret : répéter, répéter, répéter encore martèlent-elles.

Art de la répétition vs crainte de la routine, en voilà encore un dilemme.

Qui dit « répétition » dit aussi « analyse » et « évaluation ».

La communication digitale sur les réseaux sociaux est basée sur le test. Nous réalisons une action, nous en mesurons l’effet. Et nous jouons ensuite sur les micro-paramètres qui peuvent être ajuster pour trouver l’adéquation entre notre produit/projet, notre contenu et notre cible.

J’ai une amie qui adore cela : expérimenter jusqu’à trouver le bon combo, la photo qui fera le plus de likes, la petite phrase qui entraînera les commentaires ou les partages. C’est ce qu’elle préfère dans le travail de community manager. Sûrement parce qu’à la base elle est ingénieure.

Personnellement, ma marotte est tout autre : j’aime rencontrer les gens et écrire sur ces rencontres, raconter leur histoire. Ce qui fait que j’aime retranscrire sur Textarea, le blog de la plateforme, des interviews ou des initiatives… ou même, comme en ce moment, notre propre expérience.

Mais s’il y a un rayon où je ne mets jamais (ou que trop rarement) le nez, ce sont les données statistiques permettant d’évaluer la performance de nos contenus. Résultat, cinq pouces sous une publication me transportent ! Hum.

Attention spoiler : ceci n’est pas la méthode à suivre si l’on veut faire de ses publications un business.

Observation n°4 : Les habitudes ont la vie dure

Nos cibles ont des usages parfois bien ancrés. Les faire changer demande du travail. C’est d’une évidence !

Et pourtant, dans mon monde de rêve, celui dans lequel j’ai tendance à contourner la case « fournissez un effort soutenu et parfois ingrat » pour passer directement de celle de l’idée enthousiasmante à la gloire, il suffit d’un coup de baguette magique pour convertir les foules.

Ça ne se passe pas comme ça, en tout cas pas avec les éditeur.ice.s de presse. Parmi nos deux cibles, il s’agit de la plus compliquée à atteindre. Peu de réponse aux campagnes de mails ou aux sollicitations sur les réseaux sociaux. Et quand l’échange suscite l’intérêt, il engendre rarement l’action souhaitée, à savoir l’inscription sur notre plateforme, pourtant totalement gratuite.

Si l’on se met à la place d’un.e directeur.ice de publication, cela peut s’avérer compréhensible.

Quand on fonctionne avec un système rodé, en inclure un nouveau paraît parfois difficile car cela signifie réapprendre, réajuster, trouver de nouveaux repères, prendre du temps dans des journées qui en manquent déjà cruellement.

Face à ce genre de situations, j’imagine qu’il faut continuer à creuser jusqu’à trouver le levier pertinent pour s’insinuer dans ces habitudes, soit en évoluant dans notre façon de communiquer, soit en terme de services proposés.

Cette impassibilité d’une partie du public cible pousse à se remettre en question :

  • Avons-nous bien cerné le besoin ?
  • Notre proposition y répond-elle ?
  • Si oui, comment mieux valoriser notre réponse ?

Cela peut aussi soulever la problématique de la gratuité ? Le fait d’offrir un service entièrement gratuit, la seule chose monétisée sur la plateforme étant, pour l’heure, les articles à vendre, est-il réellement attractif ? Est-ce que cela inspire confiance ?

Le fait d’avoir également arrêté notre choix sur un principe de co-construction de l’outil afin de coller aux besoins émanant des retour d’expériences est-il une bonne formule ? Les utilisateurs potentiels ont-ils le temps, souhaitent-ils réellement participer ?

Bien sûr, tous ces questionnements doivent permettre de faire avancer le projet et non laisser son instigateur au point mort.

Bilan d’étape

A ce stade de l’aventure IOPresse, beaucoup de ces interrogations restent en suspens, beaucoup de tâches remplissent encore la colonne « en cours » de notre Trello.

Ce que l’on peut toutefois retenir :

  • Rester positif.
  • Lire, s’inspirer, s’auto-former mais surtout tester.
  • Rester positif… Oui, c’est déjà écrit, mais c’est vraiment ES-SEN-TIEL !
  • Savoir se ressourcer et déconnecter, par moment, pour de vrai : rien de pire que l’overdose – de réseaux sociaux notamment – pour vous dégoûter d’une tâche et enrayer la si précieuse régularité.
  • Continuer de s’amuser… au moins un peu.

Lire le making-off#1 sur la genèse d'IOPresse et le making-off#2 sur le developpement et les arbitrages techniques.

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