I O P R E S S E

Le frigo est plein

Moroccovid-19 | Meriem – Agafay

image relative à Moroccovid-19 | Meriem – Agafay
© Meriem

📌 Publications non-alignées (PNA) 

Moroccovid-19 est un projet de recueil de témoignages de Marocains en cette période d'épidémie mondiale. Certains sont confinés, d'autres non, mais tous confient une tranche de leur vie, en mots et en images. 

L’Agafay attire habituellement les touristes en quête d’un peu de dépaysement, après plusieurs jours passés au rythme frénétique de Marrakech. Ce petit désert de rocaille ne se trouve qu’à une trentaine de minutes de la grande ville. Avec le confinement, plus aucun voyageurs à l'horizon, seuls restent les habitants des douars. 

Parmi eux, Meriem, 35 ans et maman de trois enfants. Elle vit à Aït Immour, dans un hameau un peu à l’écart du centre-bourg. La maison mitoyenne est celle de ses parents, et encore à côté vit une partie de la famille de son mari. « On ne se voit et parle que de loin, on prend toutes les précautions. Les gens du douar restent chez eux, ils ne vont pas les uns chez les autres ni nulle part. On est nombreux, mais chacun reste chez soi. Seuls les hommes sortent pour aller travailler. Mes enfants et moi ne sortons pas de la maison, c’est plus prudent. » Ces derniers, âgés de 11 à 16 ans ne s'aventurent même plus dans la nature pourtant toute proche. « Ils commencent à en avoir marre, mais une fois qu’ils ont un peu regardé la télévision et joué ensemble, ils oublient et ça va. Et les devoirs les occupent beaucoup. »  

En plus de s’occuper de la maison et des repas, Meriem les aide. Elle s’est transformée en enseignante et, même s’ils sont bons élèves, elle trouve cela un peu difficile. « Surtout les cours de français », plaisante-t-elle. La logistique aussi est toute une gymnastique ! « Les professeurs communiquent avec eux par téléphone, mais ce n’est pas facile car ils envoient les leçons de deux de mes enfants [de classes différentes, ndlr] en même temps et nous n’avons qu’un téléphone. »

Plus en sécurité dans les villages

La jeune femme se montre positive : « C’est mieux d’être confiné dans les villages. Ici, j’entends peu parler de cas de patients contaminés par le Coronavirus. Je me sens plus en sécurité, plus éloignée du virus qu’en ville […] Pour mes enfants et moi, je ne m’inquiète pas, mais un peu plus pour Youssef, mon mari. J’ai peur qu’il soit contaminé quand il transporte des gens pour le travail. » 

En effet, celui-ci conduit un taxi. Coronavirus ou pas, il roule, et, de fait, côtoie dans un espace réduit un certain nombre de personnes... même si les clients ne se bousculent pas. « Lui aussi prend toutes ses précautions et les clients aussi. Il se stérilise les mains en permanence. Il n’a pas peur mais reste prudent. » Ses horaires ont été aménagés. « D’habitude, Youssef travaille la semaine entière, mais en ce moment, il ne sort que les lundis et mardis, c’est tout. Il quitte la maison à 7 h du matin et rentre l’après-midi, à 16 h. » 

Pour Meriem, « le virus est une épreuve de Dieu ». Face à cela, une seule solution : faire son possible pour maintenir sa famille en sécurité. « On fait juste ce qu’il faut, on nettoie toute la maison, etc. […] Je ne pense pas que la situation va durer trop longtemps, donc je n’ai pas peur de rester enfermée. Tout ça va passer. »

Publications similaires

Moroccovid-19 | Souad – Sefrou

📌 Publications non-alignées (PNA) 

Moroccovid-19 est un projet de recueil de témoignages de...

Moroccovid-19 | Youssef – Marrakech

📌 Publications non-alignées (PNA) 

Moroccovid-19 est un projet de recueil de témoignages de...

Moroccovid-19 | Toufiq – Marrakech

📌 Publications non-alignées (PNA) 

Moroccovid-19 est un projet de recueil de témoignages de...

Moroccovid-19 | Oumria – Marrakech

📌 Publications non-alignées (PNA) 

Moroccovid-19 est un projet de recueil de témoignages de...

Moroccovid-19 | Fatima – Tassoultante

📌 Publications non-alignées (PNA) 

Moroccovid-19 est un projet de recueil de témoignages de...