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Le frigo est plein

Moroccovid-19 | Salwa – Tanger

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© Salwa

📌 Publications non-alignées (PNA) 

Moroccovid-19 est un projet de recueil de témoignages de Marocains en cette période d'épidémie mondiale. Certains sont confinés, d'autres non, mais tous confient une tranche de leur vie, en mots et en images.

Salwa, 34 ans, est l’une des filles de Souad [elle-même interrogée dans Moroccovid-19]. Salwa vit à Tanger avec son mari et leur fille, dans un quartier donnant sur le boulevard des Forces armées royales, l’artère principale de la ville. « L’ambiance ressentie n’est pas normale. Il y a moins de trafic, quasiment rien le soir à part les sirènes des voitures de police », décrivait-elle à mi-confinement. 

Après plusieurs semaines enfermée chez elle, elle a dû à nouveau se rendre au travail. Sur le trajet, qu’elle parcourt avec son véhicule personnel, elle est « confrontée, au minimum trois fois par jour, aux contrôles policiers qui me demandent les papiers justifiant ma sortie et ma carte nationale d’identité. Cela ne me dérange absolument pas, au contraire, ça me rassure ».

Vu du « dedans », un « dehors » anxiogène

Elle détaille ses conditions quotidiennes : « Je suis responsable de développement commercial dans une société de logistique. L’organisation a été adaptée, nous travaillons un jour sur deux à tour de rôle, et la société s’est chargée de nous fournir les masques, le gel pour les mains, etc. ». Comme « mon mari travaille, lui aussi, nous avons avec nous une nounou permanente qui s’occupe de la garde de la petite ».

Pour Salwa, ce retour au bureau est, en quelque sorte, un soulagement. « Être confinée pendant plus d’un mois d’affilée m’a causé une dépression, je me sens beaucoup mieux en sortant travailler. Je ne savais de l’extérieur que ce que je voyais sur les réseaux sociaux ou aux infos. C’est très déprimant de voir le nombre de cas qui augmente, le nombre des décès, les images de quelques [personnes] ne respectant pas le confinement... On se dit que c’est apocalyptique dehors. D’ailleurs, quand je j’ai su que je devais reprendre le travail, j’ai passé une nuit en pleurant de peur d’affronter l’extérieur ! Une fois que je suis sortie, je me suis habituée aux nouvelle mesures et c’était plutôt rassurant. »

La cuisine et Bob Marley

Pour la jeune femme, cette épreuve a du bon et du moins bon. La distance avec ses parents [environ 420 km, ndlr] la préoccupe : « Ils sont installés dans une autre ville. J’ai peur qu’ils aient besoin de moi et que je ne puisse pas aller les voir ». Mais elle raconte également : « Je me découvre et je découvre ma famille. Je suis une personne très active, certes, mais j’ai compris [avec] le confinement que nous pouvons être actifs aussi chez nous. Par exemple, je suis passionnée de cuisine, j’ai commencé à réaliser des plats que je n’ai jamais osé faire. J’ai découvert que ma fille de 3 ans et demi a un don culinaire aussi ! D’ailleurs, je l’implique avec moi sur tous les plans. J’ai aussi découvert ses goûts musicaux. On s’amuse toute les deux à danser sur Bob Marley ! »

Et maintenant, lire le témoignage de Sara, la sœur de Salwa.

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